dimanche, mai 08, 2005

«La société américaine se préoccupe surtout d'elle-même...

«La société américaine se préoccupe surtout d'elle-même, ses membres savent peu de choses sur ce qui se passe à l'extérieur des Etats-Unis et ils ne s'en soucient pas particulièrement.»

(Noam Chomsky)

«Venimos a preguntarle a la patria, a nuestra patria, ¿por qué nos dejó ahí tantos y tantos años? ¿Por qué nos dejó ahí con tantas muertes? Y queremos preguntarle otra vez, a través de ustedes, ¿por qué es necesario matar y morir para que ustedes, y a través de ustedes, todo el mundo, escuchen a Ramona -que está aquí- decir cosas tan terribles como que las mujeres indígenas quieren vivir, quieren estudiar, quieren hospitales, quieren medicinas, quieren escuelas, quieren alimentos, quieren respeto, quieren justicia, quieren dignidad?»

(Subcomandante Marcos)
23 de febrero de 1994


Dans le métro de Mexico, jamais vu de misère semblable, aucune pauvreté pareille à Montréal.

Une dame très âgée prend le métro pour travailler. Les démunis vendent des disques, des arachides... ils boitent, les nouveaux misérables. Ils n’ont pas droit à la confortable « aide sociale » québécoise. Je songe qu’au Québec, nous sommes un bon peuple, et je trancherais la tête à quelconque pantin au pouvoir qui oserait toucher à notre structure sociale démocrate.

Je prends une grande respiration, l’air est raréfié à Mexico, davantage dans le métro. On s’enfonce sous terre, après quelques stations en pleine lumière, ce qui ajoute à mon angoisse d’être ainsi enfermée dans l’obscurité, avec les mendiants, les handicapés, les délinquants, devant quoi je me sens impuissante, je sens au plexus cette pression quand les choses m’échappent, quand l’absurde m’empoigne, quand la misère se lit au front d’autrui, quand la survie crie vengeance, quand le sous-commandant Marcos, croisé au Zocalo, masque au visage, s’est faufilé dans le métro à nos trousses : "que faites-vous les gringos ici qui vous êtes échappés du todo incluido, voyeurisme ? dépaysement de petit bourgeois ? que sais-tu de la vraie pauvreté en ton Amérique blanche, tu sors quelques pesos en bien intentionnée, que t’en coûte-t-il d’avoir la conscience tranquille quelques minutes et de te débarrasser de cette angoisse qui accélère ton rythme cardiaque? Finis-en de ta conscience et fous-toi un calmant derrière la cravate"... Le métro titube... les lumières bégaient... Non, pas une panne, enfermée ici dans cette chaleur d’enfer, avec le sous-commandant et tous ces souffrants... Je suis pitié en ce moment aussi, avec eux, la moiteur aux mains. Pendant que la misère a un visage, ça baise fétiche aux tout-inclus, ça baigne turquoise aux piscines des grands hôtels, ça boit paumés, ça obsède fantasme, ça délire sado-maso, ça décadence champagne. Ça bouffe obèse.

Nous débarquons, place Garibaldi. Enfin.

Le fils (le néolibéralisme) dévore le père (le capital national) et, au passage, détruit les mensonges de l'idéologie capitaliste: dans le nouvel ordre mondial, il n'y a ni démocratie, ni liberté, ni égalité, ni fraternité. La scène planétaire est transformée en nouveau champ de bataille où règne le chaos (...)

Nous voici face à un puzzle. Pour le reconstituer, pour comprendre le monde d'aujourd'hui, beaucoup de pièces manquent. On peut néanmoins en retrouver sept afin de pouvoir espérer que ce conflit ne s'achèvera pas par la destruction de l'humanité. Sept pièces pour dessiner, colorier, découper et tenter de reconstituer, en les assemblant à d'autres, le casse-tête mondial.La première de ces pièces est la double accumulation de richesse et de pauvreté aux deux pôles de la société planétaire. La deuxième est l'entière exploitation du monde. La troisième est le cauchemar d'une partie désœuvrée de l'humanité. La quatrième est la relation nauséabonde entre le pouvoir et le crime. La cinquième est la violence de l'État. La sixième est le mystère de la mégapolitique. La septième, ce sont les formes multiples de résistance que déploie l'humanité contre le néolibéralisme.

(Subcomadante Marcos)

À lire :
  • Marcos


  • Pendant que la misère frappe l'hémisphère sud, le Nord souffre dans sa décadence morbide. Esclaves eux aussi des pharaons, les travailleurs du Nord, candides, naifs, crédules, insouciants, cherchent à récupérer ces heures de vie volées par les tenants du pouvoir - sans s'en rendre compte - en piscines, en repas, en palmiers, en sourires Botox, crevés des 50 semaines qu'ils ont travaillées pour se permettre un morceau artificiel de paradis. Une autre misère.

    2:

    At 3:32 a.m., Blogger julie70 said...

    C'est facile de parler de "les mensonges de l'idéologie capitaliste", il y eu nettement plus de mensonges, abus, pauverté, misère, tueries sous l'idéologie communistes. Attention, à ne pas tomber en pannaux.

    Mais de tyrans il y a partout, tous les bords et ce n'est pas "les pays riches" qui, d'après moi doivent aider, mais ceux de l'intérieur. Il y a dans ces pays pauvre, des riches tellement riches! Mais prendre d'eux ne sert à rien, seulement faire plus de pauvres, plus pauvres.

    Non, en plus, les américains, d'après mon experience (je parle des gens pas de gouvernement) je sont pas individualistes. Même sur l'avion me menant à Chicago de Paris, j'ai rencontré de retraités revenant de la région inondé par la mer : ils sont allés pour voir ce qu'ils peuvent aider.

     
    At 5:27 a.m., Blogger Marie-Chantal said...

    Tu as sûrement connu la tyrannie du communisme, bien sûr qu'il y a eu des abus; seulement, je ne suis pas prête à faire l'éloge du "néolibéralisme". Il faudrait rebalancer des choses, le partage des richesses... Merci pour le commentaire.

     

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