samedi, mai 28, 2005

Pas sortie du bois

Le matin, Montréal ressemble à un village. À 6 h, le marché Saint-Jacques ouvre ses portes, et le restaurant Roséio, coin Amherst et Ontario, sert déjà les déjeuners dégoulinants. Roséio ressemble à un Truck Stop. J'ai toujours aimé les Trucks Stops qui me rappellent la route entre Rivière-aux-Rats et La Tuque. C'est l'essentiel dans les mots "chasse et pêche", "gomme de sapin", "pipi-derrière-un-arbre" et "vernaculaire de gars de bois".

Ne manque que l'odeur des conifères après une pluie, en réminiscences proustiennes, version abatardie.

Cette route s'ouvre magnifiquement sur la rivière Saint-Maurice dans les Laurentides; on peut toujours y lire les mêmes graffitis d'amoureux, à Saint-Jean-des-Piles, près d'une chute dévallant le long des strates rocheuses. Entre Saint-Roch et Rivière-aux-Rats, j'ai rêvé à 10 ans que je me faisais Sqaw, et que j'embarquais dans un canot d'écorce avec un Attikamek, histoire de découvrir la face cachée de mon pays, les langues que tu parles et que les bouleaux chuchotent toujours. Jadis, les billots descendaient la rivière vers le coeur de la Mauricie, Trois-Rivières, la pute has been, qui, aujourd'hui, est même dépourvue de l'audace de rehausser sa déchéance en rouge à lèvres ou fard à joues.

Ça doit être pour ça que se lisent sur mon visage les traits d'une Autochtone, une sauvage, ni plus ni moins, qui s'ennuie de l'odeur des conifères un samedi matin brumeux, en plein coeur d'un centre-ville. Forêt qui sent les vacances d'avant.

2:

At 3:21 a.m., Blogger julie70 said...

J'espère que bientôt je passerai dans un endroit comme cela ! L'odeur des connifères me rappelle ma petite enfance et les promenades main en main, même si rares, avec mon père. Je sens l'odeur des pins en regardant ta magnifique photo!

 
At 5:45 a.m., Blogger Marie-Chantal said...

Merci ! Les vacances approchent, et les souvenirs qui s'y collent ressurgissent.

 

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