lundi, août 22, 2005

Par la fenêtre

J'ai fermé le rideau de cette fenêtre, le temps de l'été, recluse dans un silence, en sauvage, sans inspiration, que de transpiration d'un solstice qui à la fin m'aura fait mûrir comme un fruit au soleil. Tout à coup, j'ai vu les traces du passage des rayons chauds, qui ont laissé le tan et les ridules d'une femme pourtant déjà mûre, qui ne s'était pas rendu compte qu'elle avait ainsi muri, sa peau n'est plus aussi lisse, elle est devenue moins infantile, et s'est sentie prise dans ses bottines de fillette qui l'empêchaient de bouger; les pieds ont pris davantage de place sur le terrain. Elle n'avait pas encore compris qu'elle avait grandi dans ce silence pourtant court.

Comme toute croissance, ce fut souffrance, solitude, et à la fois davantage de profondeur et de conscience des limites que j'ai osé parfois transgresser, même quand l'angoisse se pointait au détour d'un aéroport, au détour d'une longue route en forêt, au détour d'étrangers qui ne me regardent plus en fillette.

Pourtant, j'ai perdu en cours de route un peu de rire infantile, qui parfois ose ressurgir au passage d'un bon mot ou de la candeur des belles femmes noires du Sud des États-Unis.

Au coeur du pays le plus maudit en ce moment, j'ai écouté la country music un soir dans une "légion" américaine, ne comprenant pas du tout l'écart entre, d'un côté, l'élan meurtrier et d'un autre côté, la sentimentalité et la chaleur des Américains. La Guerre civile gronde toujours en silence centre-ville dans les tripes du Mississippi et la Soul Food à 100 degrés F donnent des hallucinations.

Entretemps, le sous-commandant Marcos m'a saluée au journal télévisé, et j'ai presque regretté le Mexique.

Les églises. Partout, des affiches "Church", bien avant le nom de la ville. Et des preachers en miracle chaque jour sur grand écran de motel 6 ou genre.

New Orleans, Bourbon Street. La musique a été créée par les Noirs au Sud, c'est confirmé. Et la folie, la ville la plus folle que j'aie vue jusqu'à présent. Et la plus redoutable.

Au coeur de l'Amérique, il me semble avoir compris que ce ne sont plus des humains qui sont au coeur d'une tuerie qui fait parler le Monde.

5:

At 10:07 a.m., Blogger julie70 said...

New Orleans redutable : en quoi?
bienvenu, revenue

 
At 3:07 p.m., Blogger Marie-Chantal said...

Bonjour Julie, heureuse de te retrouver. Hors du quartier français de New Orleans, on est continuellement sollicités, soit par des prostituées, soit par des itinérants. J'ai été témoin d'une engueulade entre un proxénette et une prostituée... la ville est violente mise à part le quartier touristique, qui est lui, inoubliable et charmant.

 
At 5:05 a.m., Blogger leblase said...

Le ressenti de ton voyage passe très bien à travers tes mots.
On perçoit ton ouverture, ton écoute: tu étais humaine parmi les humains et non touriste chez les indigènes.
Contrastes!
Nous sommes contrastes.
Inégaux en nous-mêmes autant qu'entre nous, sensibles ou bravaches.
Contraste, n'est-ce pas, de la nourriture terrestre et des nourritures spirituelles passées au micro-onde de la télé, des chants qui semblent glorifier la dignité des opprimés et les amènent à bombarder à gauche et à droite...
C'est pourquoi les Amérloques, qui peuvent être si libres, si inventifs et chaleureux ne comprennent pas coment ils peuvent être si mal perçus ailleurs.
Quel beau pays tout de même: tu m'a redonné envie d'un petit tour dans le Bayou

 
At 6:44 a.m., Blogger Marie-Chantal said...

Leblase, merci de ton message. Le bayou, j'ai adoré aussi, j'ai fait le "swamp tour" en Louisiane, très sympathique. Beaucoup de Français s'y rendent, ils sont très curieux, ouverts, agréables de compagnie.

 
At 7:20 a.m., Blogger kevinwarner97580664 said...

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Have a Great Day

 

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