vendredi, mars 25, 2005

Identité féminine

Le blogue, c'est beaucoup d'intertextualité. Souvent, mes réflexions jaillissent d'autres blogues. C'est là l'attrait de ce type d'échange virtuel, c'est un déclencheur. Je trouverai écho un jour ou l'autre. Ce n'était pourtant pas le but premier de l'établissement de mon île, justement, je voulais y être seule... Non, les blogues, c'est de l'intertextualité.

Étrangement, quand on écrit, il y a une tête au-dessus de notre épaule, un regard, celui du lecteur qu'on imagine. Un censeur à l'horizon ou au contraire, une âme soeur. Difficile d'écrire seule.

J'ai effacé des textes du premier blogue, Écriture stroboscopique. Retourner le miroir, refuser l'existence de ça. Manque de courage. Mensonge.

Le blogue, c'est avant tout des rapports interpersonnels, ce que j'ai constaté depuis mon errance ici depuis les six derniers mois : moments de joie ou moments de colère, ce que j'attribue à celui qui m'a initiée à ce mode de communication et je nomme : Jean-François Domingue. Dire que j'ai dit merci à ce type... :)))

Mais, comme dans tout rapport interpersonnel, des prises de conscience ont jailli de lectures ici et là, même que parfois, j'avoue que c'est éprouvant. Cette quête perpétuelle, ce questionnement perpétuel, parfois ça me fait commencer une journée sur une note joyeuse, parfois maussade. Je sens bien les haines ici et les complicités là. Comme dans la vie.

Les controverses tombent bien mal dans ma vie sur un blogue, quand j'en vis tous les jours, quand il faut peser les mots tous les jours, quand on marche continuellement sur des oeufs, quand on fait le constat de ses amitiés... Le maudit virtuel ressemble au réel, ça ne peut être une fuite. Sinon, j'aurais fui après Écriture stroboscopique. Ma quête de vérité et de sincérité va jusqu'à un certain masochisme parfois, quand il serait bien plus aisé de faire "delete" et d'oublier. Recommencer vraiment ailleurs, faire autre chose, comme en relation quand une personne commence à nous connaître et qu'on a envie d'agiter le spectre de la séparation, surtout quand elle a finalement aperçu notre côté obscur.

Non, ma quête est plus grande. Et je suis têtue devant mes propres limites.

Longue introduction pour dire que mon obsession du jour est celle de l'identité féminine, et je parlais d'intertextualité puisque je lisais un texte à ce propos dans les carnets de Kate, carnets que j'aime visiter à l'occasion.

Mon propos dérive toutefois vers d'autres horizons.

Je tenais cette conversation avec une autre femme dans la quarantaine, qui confiait avoir elle aussi du mal à se définir en dehors de l'oeil masculin (excusez, le ton fait "psycho-pop"). Il faut un homme pour agir, il faut un homme pour donner du sens, il faut un homme pour nous soutenir, nous encourager, pour avancer. Je vois ça comme une tare, personnellement. Peut-être ai-je tort. Je poursuis ma réflexion, je ne suis pas mûre pour continuer ici.

Voilà pourquoi j'ai une grande admiration pour Marguerite Duras : elle a longuement parlé de l'écriture qui ne peut se faire que dans la solitude... sans le regard de l'homme.

10:

At 9:02 a.m., Anonymous Serge said...

Et l'ame soeur alors (the famous soul mate)? Ne pensez-vous pas qu'un homme peut faire miroir à une femme (et vice-versa) et lui permettre de se sentir plus femme?

 
At 9:19 a.m., Blogger Marie-Chantal said...

Se sentir plus femme... dans son optique à lui de LA femme?C'est ça qui me titille...

Merci Serge de votre intervention. Peut-être que le féminisme a fait un tel ravage chez moi qu'il ne m'est impossible de penser que la femme existe autrement que dans le regard de l'homme. Elle existe peut-être vraiment, il s'agit peut-être enfin de sa propre construction à ELLE, ce qu'elle est... peut-être pas celle de l'homme du tout... Voyez mes interrogations !

 
At 9:20 a.m., Blogger Marie-Chantal said...

Oui, et peut-être se déresponsabilise-t-elle en disant qu'elle est "objet" ou utilisée, quand c'est elle-même qui le désire?

 
At 1:14 p.m., Anonymous serge said...

Alors là, je dis stop. La Femme est avant tout Femme en étant elle-même càd une Femme et bien sur qu'elle existe par elle-même. Je ne vois pas de problèmes. L'Homme (notez les majuscules)doit lui être Homme. La rencontre de la Femme et de l'Homme permet à chacun de s'apprécier pour sa valeur propre. Je pense sincérement qu'un Homme permet à une Femme de se sentir plus femme (et vice versa). C'est la Beauté de la complémentarité.

 
At 9:36 p.m., Blogger Linda said...

Le monde c'est un il entouré d'elles. :)

 
At 4:05 a.m., Blogger sébastien said...

Texte qui porte à la droite réflexion. Bien.

 
At 6:31 a.m., Blogger Marie-Chantal said...

Oui, au premier abord, Linda, j'aurais tendance à dire la même chose que toi. L'homme a du mal avec la monogamie. Est-ce que c'est lui qui mène le jeu? Est-ce que c'est vraiment lui qui choisit ce qu'il veut qu'ELLE soit? Ou la femme fait-elle son jeu pour "posséder" l'homme et ainsi avoir la victoire sur les autres femmes, en animal qu'elle est elle aussi?

Le féminisme aura eu de bon de faire prendre conscience aux femmes, en plus !) que l'homme n'est pas le centre des préoccupations du monde... c'est ça de gagné ! C'est plus stimulant d'être vivant, non, que d'attendre le Prince Charmant? C'est inscrusté profondément dans l'inconscient tout ça...

Sébastien : Merci de ton commentaire ! Mais je comprends entre les lignes que tu vois les femmes embarquées dans la victimisation...

 
At 9:09 a.m., Blogger Marie-Chantal said...

Sébastien : à la droite réflexion, mais j'espère pas : la réflexion à droite...

 
At 11:15 a.m., Blogger sébastien said...

Par droite réflexion, je voulais dire qui se tient debout. Rien à voir avec la droite radicale. Désolé du malentendu.

 
At 3:42 p.m., Blogger Marie-Chantal said...

Non, bien sûr, Sébastien, j'avais compris... ce n'était que pour le jeu de mots... Ouf !

 

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